Environnement

\"Il s'agit en réalité de deux missions très différentes\" : ce qui attend Thomas Pesquet et Arnaud Prost dans l'espace en 2027

Jun 3, 2026

L'astronaute français Thomas Pesquet à bord de la Station spatiale internationale,le 30 avril 2021. (EUROPEAN SPACE AGENCY via AFP)

Vers l'infini et au-delà. Les deux astronautes Thomas Pesquet et Arnaud Prost partiront dans l'espace en 2027 dans le cadre d'un accord signé entre la France et l'entreprise spatiale américaine Vast,a annoncé lundi 1er juin Emmanuel Macron. "Cela confirme l'ambition spatiale de la France",a salué le chef de l'Etat sur X,après avoir fait cette annonce un peu plus tôt en marge du sommet Choose France.

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Les deux Français participeront à des missions différentes : celle impliquant Thomas Pesquet se fera en partenariat avec la Nasa et aura pour destination la Station spatiale internationale (ISS),où il a déjà séjourné à deux reprises pendant plus de six mois et où se trouve actuellement une autre Française,Sophie Adenot.

Quant au deuxième vol,il emmènera Arnaud Prost,qui n'est jamais allé jusqu'ici dans l'espace,dans la station spatiale commerciale Haven-1 que l'entreprise californienne Vast développe actuellement. "Cette mission d'astronaute vers une station privée est une première au monde",a commenté le Centre national d'études spatiales (Cnes) sur son site. Les précisions d'Olivier Sanguy,responsable de l'actualité spatiale à la Cité de l'espace.

franceinfo : quelles vont être les missions de Thomas Pesquet et Arnaud Prost dans l'espace ?

Olivier Sanguy : il s'agit en réalité de deux missions très différentes. Il y a la première,qui va être la sixième mission privée vers la Station spatiale internationale. Les cinq premières missions privées ont été accordées par la Nasa à la société Axiom Space. Et la sixième a donc été confiée à la société Vast,basée en Californie,pour une mission privée de deux semaines. Elle a alors retenu Thomas Pesquet comme commandant. En plus de cette annonce-là,il y a la deuxième mission,cette fois-ci,avec Arnaud Prost,qui est un astronaute réserviste de l'Agence spatiale européenne. Il va donc voler dans le cadre d'un contrat avec la société Vast non pas vers la station spatiale internationale,mais vers la station privée de cette société américaine.

Mais,alors,pourquoi faut-il quelqu'un qui soit déjà allé vers l'ISS ? La Nasa a toujours dit d'accord pour les missions privées vers la station spatiale internationale,mais à la condition que,dans l'équipage,il doit y avoir obligatoirement un commandant qui a déjà été au moins une fois à bord de la station spatiale internationale. Et bien sûr,Thomas Pesquet,ayant accompli deux missions à bord de l'ISS,répond aux critères.

Quel est l'objectif de l'entreprise américaine Vast,fondée en 2021 par le milliardaire des cryptomonnaies Jed McCaleb ?

L'année prochaine,cette société compte en effet envoyer dans l'espace,avec SpaceX,sa première station privée. (Vast ambitionne de créer la première station spatiale commerciale avec Haven-1,puis une station plus grande,Haven-2,pour remplacer la Station spatiale internationale (ISS). Ce laboratoire scientifique,occupé en permanence depuis plus de 25 ans,est en effet appelé à prendre fin en 2030,ouvrant la voie à l'ère des stations spatiales privées,ndlr).

"Le but à très long terme est tout simplement de remplacer la station spatiale internationale par des prestataires privés."

Olivier Sanguy,responsable de l'actualité spatiale à la Cité de l'espaceà franceinfo

La NASA et les autres agences veulent faire des vols habités autour de la Terre,parce qu'il y a beaucoup d'expériences scientifiques à faire et à continuer de faire après l'ISS,et donc on va passer dans un modèle privé. Les agences spatiales vont donc,via des contrats commerciaux,proposer des missions de quelques semaines voire quelques mois à bord d'une station afin de réaliser des expériences. C'est dans cette optique qu'une partie des activités spatiales,autrefois activités publiques,sont donc privatisées en partie via des contrats. Par ces deux contrats,la France s'inscrit dans ce nouveau courant du spatial dans lequel le privé a une part de plus en plus importante.

Faut-il s'inquiéter de cette privatisation de l'espace ?

Cela fait débat en effet. Certains regrettent un aspect qui était autrefois plus régalien qui est désormais transmis au secteur privé,quand d'autres disent qu'au contraire cela donne un dynamisme,que c'est aussi un moyen de faire baisser les prix. Il pourra être possible,pour les mêmes budgets,de faire plus de missions,et donc aussi éventuellement plus de sciences. Dans cet accord,l'autre avantage pour la France,il ne faut pas oublier,c'est aussi que la société Vast a annoncé qu'elle ferait son quartier général européen à Paris. Il y a aussi cet aspect-là.